Parallèlement aux activités humaines qui posent une menace sur la stabilité du climat et divers écosystèmes, la révolution numérique est un moteur d’innovation et de changements sociétaux. En ces temps d’incertitudes, les étudiant.es du programme LEADS réfléchissent à la question suivante : Que signifie être un leader?

Le programme LEADS a accueilli cet automne sa première cohorte d’étudiants et de professeurs dans le cadre d’un mini-symposium qui a eu lieu de façon virtuelle, et ce, afin de susciter des discussions autour de la vision du programme et le concept de leadership durable à l’ère numérique.

Les co-fondateurs Damon Matthews, professeur et titulaire de la chaire de recherche sur la science climatique et la durabilité au département de géographie, planification et environnement de l’université Concordia et Amy Luers, conseillère principale de l’initiative sur la Durabilité à l’Ère Numérique ont prononcé les remarques de bienvenue et présenté le programme. Les professeurs impliqués dans le programme ont ensuite présenté leurs recherches. 

Les 23 étudiants et 11 professeurs ont été répartis dans trois salles virtuelles afin d’explorer davantage leur vision personnelle du programme et ce que signifie être un leader dans le contexte actuel.

Lorsque nous avons demandé aux étudiant.es les raisons pour lesquelles ils/elles s’étaient inscrit.es au programme, les avis allaient de « l’idée d’appliquer les connaissances scientifiques et de développer les compétences nécessaires pour effectuer un travail percutant menant à des changements réels » à « apprendre à communiquer et entretenir des dialogues constructifs avec les parties prenantes ».

“…this is a great opportunity to create links with researchers in multiple disciplines and to create synergies between research and action for the future.”

Titouan Greffe, PhD at UQAM

C’est l’université Concordia à Montréal, Québec (classée comme meilleure ville universitaire dans le monde) qui héberge le programme. Le secteur des technologies de Montréal a récemment attiré l’attention internationale, puisqu’il “abrite un écosystème intelligent prospère” notamment en raison de ses chercheurs universitaires de haut calibre, tel que Yoshua Bengio. La ville est largement multiculturelle, principalement bilingue et se démarque par sa culture d’activisme populaire qui a émergée dans les années 1990, une période à travers laquelle Montréal faisait partie des capitales les plus pauvres du Canada. Il n’est donc pas surprenant que le concept de durabilité ait été largement adopté dans le curriculum universitaire.

Dans ce contexte diversifié, la nature interdisciplinaire du groupe LEADS a été constatée plus d’une fois comme étant un environnement d’apprentissage favorable pour les étudiant.es du programme LEADS. 

Par exemple, Titouan Greffe, doctorante à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a indiqué J’espère acquérir de l’expérience et des connaissances dans des domaines que je connais peu ou que j’ai peu explorés jusqu’à présent. Je crois également qu’il s’agit d’une superbe opportunité pour tisser des liens avec les chercheurs provenant de multiples disciplines et de créer des synergies entre la recherche et l’action pour le futur.

Et comme mentionné par Karina Benessaiah, chercheuse postdoctorale à l’université McGill : 

“L’innovation numérique peut être autant un obstacle qu’un facteur favorable puisqu’elle peut [autant] démocratiser ou faire partie d’une élite, il sera donc vraiment intéressant [de voir] quels seront les types d’innovation dont nous parlerons et quels seront les types de tensions ou luttes qui seront récurrentes et permanentes. […] Je pense que ce sera un projet très excitant et nous aurons beaucoup à apprendre. En fait, c’est très bien car il y a beaucoup de monde qui travaille sur la durabilité à Montréal —tous chacun de leur côté—[qui] souhaitent franchir cette barrière.”

“Au cours de ma participation au programme LEADS, j’espère pouvoir développer davantage mon expertise à travers des formats de communication novateurs….”

—Chris Luederitz, chercheur postdoctoral à l’université McGill

À travers leurs discussions, les étudiant.es ont également fait part de leurs besoins de se sentir connecté.es aux fruits de leur travail. Être chercheur.se en début de carrière peut être un défi surtout lorsque vient le temps de transformer des résultats et suggestions en action. Plusieurs d’entre eux ont consacré leur vingtaine et début trentaine au rassemblement et à la production de connaissances et souhaitent maintenant que leurs efforts se rendent aux bonnes personnes pour réaliser des changements.

Par exemple, Chris Luederitz, chercheur postdoctoral à l’université McGill a dit : “Au cours de ma participation au programme LEADS, j’espère pouvoir développer davantage mon expertise à travers des formats de communication novateurs. Je suis particulièrement intéressé à apprendre comment nous pouvons utiliser les innovations numériques – allant des outils médiatiques en ligne à l’apprentissage machine – afin d’améliorer les actions collectives parmi les petites entreprises en soutenant la durabilité.”

Elena Bennett, une des professeures impliquées, affirme que ce qui l’a attirée au programme LEADS était l’opportunité de s’engager auprès de gens intéressés à définir le leadership et de venir alimenter la conversation sur la façon de former des leaders forts pour un changement transformationnel.

Pareillement, lorsque nous avons demandé à Catherine Houssard, chercheuse postdoctorale à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ce que le leadership signifiait pour elle, elle a répondu : “Pour moi, le leadership est un concept avec de multiples définitions. Il y a plusieurs types de leadership comme il y a plusieurs types de leaders. Le leadership que j’aimerais exercer est un leadership qui est basé sur l’authenticité et l’action. Cela signifie demeurer en accord avec mes valeurs et diriger par l’exemple.

“…Le leadership que j’aimerais exercer est un leadership qui est basé sur l’authenticité et l’action. Cela signifie demeurer en accord avec mes valeurs et diriger par l’exemple.”

—Catherine Houssard, chercheuse postdoctoral à l’UQAM

Damon Matthews, directeur du programme LEADS, conclut l’événement en remerciant tous les participants et organisateurs impliqués. 

Selon Damon, le facteur clé pour résoudre plusieurs des problèmes auxquels notre monde fait face réside dans l’idée que nous devons relier et rassembler une diversité de gens ensemble, tout en facilitant la collaboration et en apprenant les uns des autres. Il conclut en disant :

“Je pense que parfois les bonnes idées peuvent provenir d’endroits très surprenants, donc si nous pouvons créer un espace ici où ces idées auront la possibilité de se concrétiser et de contribuer au changement positif dans le monde, je pense que ce serait le plus grand indicateur de succès au cours des prochaines années. Merci à vous tous.”

Pour en apprendre davantage sur le programme LEADS, veuillez visiter create.futureearth.org